histoire de la vigne et du vin - Onivins (1)

Depuis l’origine, la vigne et le vin ont marqué de leur empreinte la géographie et l’économie, l’archéologie et l’histoire, les mythologies et les religions, les arts et les traditions, le droit et la médecine, les paysages et les architectures, mais aussi les habitudes alimentaires et le commerce, la sociologie et la psychologie, contribuant, au fil du temps, à élaborer un type de société et un art de vivre.

Faut-il rappeler, en ce sens, le dieu Bacchus – ou son « frère aîné » Dionysos – représenté et chanté par d’innombrables artistes, dont Michel-Ange, ou bien les bas reliefs dans les mastabas égyptiens, ou encore les fresques pompéiennes reprenant le thème du vin civilisateur.

De même en est-il des entrepôts de vin d’Ostie, des mentions bibliques du « sang du raisin » (La Genèse 49, 11) ou du « sang de la grappe » (Le Deutéronome 32, 14) et du rôle du vin dans la symbolique chrétienne, de l’œuvre des ordres monastiques au Moyen Age (Bénédictins et Cisterciens principalement), des auteurs gréco-latins (des vers d’Homère aux récits de Tacite en passant par la poésie bachique d’Horace) ; sans parler des grands peintres pour qui le vin a été une source d’inspiration (du Triomphe de Bacchus de Vélasquez aux Buveurs de Cézanne en passant par Le roi boit de Jordaens et Les noces de cana du Tintoret ou de Véronèse)…

Tous ces exemples culturels ou artistiques sont autant de témoignages de l’importance du vin au cours de l’histoire des hommes.

Tout au long des siècles, le vin reste donc un élément de fête et de culture. Boire du vin, toujours avec modération, c’est aussi rafraîchir sa mémoire culturelle. Il est, selon Colette « l’honneur des mets » ou, selon Alexander Fleming « ce qui rend les hommes heureux » (la pénicilline ne faisant que « guérir les humains »).

Un pays moderne se doit de lui conserver son prestige et d’encourager tous les efforts qui tendent à en améliorer la qualité.

Le vin est et doit demeurer un produit de « distinction » (cf. Pierre Bourdieu) dans un pays comme la France qui lui a toujours reconnu une place de choix.

Car la France est le pays de référence de la civilisation du vin en même temps que la patrie de la gastronomie, laquelle culmine dans ses vins.

Accompagnant le plaisir du gastronome, le vin de qualité ajoute à l’impression de fête.

Boire du bon vin est un geste festif, convivial et raffiné, un acte civilisateur.

L’usage du vin par les Gaulois a permis à nos ancêtres de s’intégrer dans la civilisation du vin et par là-même de se distinguer culturellement des peuples de l’Europe du Nord buveurs de bière.

Mais nulle part ailleurs, autant qu’en France, la liqueur de Bacchus n’a été élevée au rang de « boisson totem ».

Dans un essai intitulé Mythologies, Roland Barthes écrit en 1957 que : « le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses 360 espèces de fromages et sa culture ».

Trente ans plus tard à la question : « Être Français, c’est selon vous d’abord… ?« , la réponse : « Aimer le bon vin » vient à la suite d’évidences comme « Être né en France » ou « Parler français« . Autrement dit, le vin apparaît à nos compatriotes comme un élément constitutif de la « francitude » voire comme un mythe fondateur de la nation française. Le flacon de vin est aussi un « lieu de mémoire« .

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